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mardi 9 juin 2015

"[...]craignez le temps où l'Humanité refusera de souffrir, de mourir pour une idée[...]"

Les raisins de la colère - John Steinbeck


Le livre raconte les vicissitudes d'une famille de paysans, les Joad, qui, ruinée par les tempêtes de poussière (Dust Bowl), par l'appauvrissement du sol et par la crise des années 1930, est contrainte de quitter l'Oklahoma et de venir chercher du travail en Californie. Peu à peu, affamés, traqués, exploités par les grands propriétaires, les émigrants voient la terre promise californienne se transformer en un vaste pénitencier. Mais on pourra constater tout au long du livre, que l'espoir n'a jamais abandonné cette famille.

Si vous me suivez sur d'autres réseaux vous le savez déjà : j'avais commencé ce livre il y a plusieurs années et je l'avais abandonné parce que je m'ennuyais comme pas possible. C'est donc avec appréhension que j'ai repris ma lecture. Et je bénis ma persévérance (et ma copine Nelcie) parce que cette seconde lecture a été un absolu coup de cœur. Ce livre est un chef d'oeuvre. L'épopée est passionnante, la critique de la société est intelligente et la construction du roman incroyable.
On suit l'exode de la famille Joad, obligée de tout quitter à cause de la misère et des sociétés capitalistes qui les exploitent le plus possible. On les voit abandonner tout ce qu'ils possèdent en Oklahoma et on suit leur voyage jusqu'en Californie où ils espèrent trouver une vie meilleure. Ce ne sont pas les seuls à faire cela. Nous savons que des milliers de familles font la même chose. John Steinbeck nous dépeint la vie de toutes ces familles à travers les Joad. Je trouve personnellement que cela ajoute à la force de l'histoire. Lorsque je frémis pour la santé du grand-père je frémis pour tous les grands-pères ayant entrepris ce voyage. La famille est nombreuse et chaque personnage a une personnalité bien particulière, presque caricaturale, afin que l'auteur puisse décrire le plus de situations possibles : avec une dizaine de personnages il doit nous décrire la vie de milliers. On s'attache à tous, certains disparaissent, et ne pas savoir ce qui leur est arrivé est une de mes frustrations par rapport à ce roman.
Autre point que j'ai aimé par rapport aux Joad ce sont les liens qui les unissent : ils sont soudés envers et contre tout et grâce à leur amour ils ne perdent jamais espoir. L'espèce de hiérarchie que l'on observe au sein de la famille (la façon dont les hommes se regroupent pour réfléchir, l'ordre de parole au sein des conseils,...) est aussi très intéressante. John Steinbeck nous livre presque une analyse sociologique des familles paysannes de l'époque.
Les chapitres au passé, dans lesquels on suit le voyage des Joad, sont entrecoupés de chapitres au présent dans lesquels John Steinbeck nous montre d'autres aspects de la société américaine de l'époque. Dans ces chapitres au présent on croise des conducteurs de camions, des garagistes, des serveurs, des hommes d'affaires,... Cela nous permet d'avoir une vue d'ensemble des Etats-Unis des années 30. Le contraste entre ces chapitres et la vie de misère des Joad est souvent très saisissant. Cela renforce notre malaise devant le fait que des milliers de gens soient morts de faim dans une indifférence totale au milieu d'une société développée et prospère pour beaucoup. L'auteur se sert aussi de ces chapitres pour critiquer le capitalisme en général. Le roman a été écrit en 1939 et je trouve John Steinbeck visionnaire sur de nombreux points : la surexploitation des sols, l'esclavagisme industriel, le gaspillage alimentaire, l'intolérance, l'individualisme,...
Ce livre a été pour moi une claque littéraire. Il n'est pas facile mais si vous êtes prêts pour le message qu'il diffuse il vous changera à jamais.


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lundi 9 mars 2015

"Dans cet univers, il n'y a pas plus de repos pour ceux qui sont fatigués que pour les lâches."

The Walking Dead - La route de Woodbury - Robert Kirkman et Jay Bonansinga


Quand l'invasion zombie a dressé les vivants contre les morts, Lilly Caul a fui la banlieue d'Atlanta. D'abris de fortune en campements improvisés, elle essaie à présent de survivre. Mais les zombies sont de plus en plus nombreux, et leur appétit pour la chair est sans limites. Terrorisée, Lilly trouve refuge dans une ville fortifiée connue sous le nom de Woodbury. De prime abord, c'est un parfait havre de paix : les habitants troquent de la nourriture contre des services, les barricades sont solides et le mystérieux leader qu'on appelle Philip Blake veille sur les citoyens. Pourtant, Lilly commence à douter : Blake veut qu'on l'appelle le Gouverneur, et ses idées sur la loi et la justice sont ... déviantes. Avec une bande de rebelles, elle ouvre la boite de Pandore et défie le Gouverneur. La route de Woodbury se transforme alors en autoroute pour l'enfer.

Je lis les comics et je regarde la série télé, je connais donc bien le monde de The Walking Dead. Je ne suis pas très fan de la série que je trouve trop grand public et assez mal jouée, par contre je suis fan des comics! Notamment parce que dans les comics on ne nous épargne rien. J'ai donc bien aimé ce roman parce que là non plus les auteurs n'y vont pas avec des pincettes. J'ai même trouvé les romans plus gore que les deux autres supports. La description écrite est plus insoutenable que des dessins en noir et blanc ou que des images finalement. 
Ce que j'ai aimé aussi c'est qu'au départ on suit des personnages qui ne sont ni dans la série, ni dans les comics. C'est donc un tout nouveau pan de l'histoire qui s'ouvre à nous. Ensuite ces personnages arrivent à Woodbury et nous retrouvons des personnages du 1er tome des romans et des autres supports aussi. Cela permet d'apporter un regard neuf sur des événements que l'on connait déjà. Moi qui aime les confrontations de points de vue ça m'a plu!
J'ai dans ma pile à lire les deux tomes suivants et celui-là m'a donné très envie de continuer!


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"Le grand âge lui apparaissait comme l'ultime refuge de la liberté, là où on se défait de ses attaches et où on laisse son esprit aller là où il veut."

Il pleuvait des oiseaux - Jocelyne Saucier

Trois octogénaires épris de liberté vivent selon leur propre loi en forêt profonde dans le nord de l'Ontario. Non loin de là, deux hommes, l'un gardien d'un hôtel fantôme et l'autre planteur de marijuana, veillent sur l'ermitage des vieillards. Leur vie d'hommes libres et solitaires sera perturbée par l'arrivée de deux femmes. D'abord une photographe en quête du dernier survivant des grands feux qui ont ravagé la région au début du XXe siècle. Puis une deuxième visiteuse, très vieille celle-là, Marie-Desneige, un être aérien et lumineux qui détient le secret des amours impossibles. La vie ne sera plus la même à l'ermitage.

J'ai ouvert ce livre et je ne l'ai pas refermé. Je l'ai lu d'une traite lors d'un voyage en train et c'était parfait niveau contexte je trouve. Parfait parce que ce livre va vous donner des envies d'escapades, des envies de grands espaces, des envies de liberté. Vous allez avoir envie de réfléchir à votre vie et de tout plaquer si vous le pouvez, d'être égoïste, d'être libre. Mais vous allez aussi avoir envie de passer du temps avec les gens que vous aimez et de revenir à vos racines, de goûter aux plaisirs simples de la vie.
Ce livre est beau: 
- Jocelyne Saucier a une plume poétique et légère qui permet facilement l'évasion et l'immersion dans le récit.
- Les personnages sont touchants et, même si l'on peut ne pas comprendre leurs choix de vies, on est obligé de les admirer pour leur courage.
- Jocelyne Saucier nous parle dans ce livre du grand feu de Matheson. En 1916, un incendie a dévasté des villes entières et tué plus de 230 personnes. Je ne connaissais pas cette période de l'histoire canadienne et la façon dont l'auteur la raconte est prenante, passionnante, émouvante. A plusieurs reprises je me suis demandé si elle partageait avec nous de vrais témoignages. 
Et, enfin, ce livre est une magnifique histoire de relations humaines : amitié et amour. Il y a cette histoire d'amour que l'on voit naître et grandir contre toutes attentes, contre tous les préjugés. Et il y a cette histoire d'amour que l'on nous raconte et qui m'a presque fait pleurer. J'aime quand deux personnes sont destinées l'une à l'autre et ne peuvent s'oublier.
Si vous lisez parce que vous aimez vibrer, ressentir, découvrir et voyager ce livre est fait pour vous. 
C'est une pépite à découvrir absolument.
Merci à Livraddict et aux éditions Folio pour ce partenariat.


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mardi 9 décembre 2014

"Il ne faut pas voir le Destin comme un monolithe inaltérable [...] mais plutôt comme la trame d'un tissu sur laquelle chacun peut broder ses propres motifs."

L'ange blond de Laurent Poujois


Thriller d'espionnage au cœur d'un empire napoléonien contemporain, L'Ange Blond est une uchronie foisonnante, une aventure haletante, rythmée par des scènes d'action cinématographiques. L'héroïne y apporte une touche d'élégance et de féminité, doublée d'une impertinence qui séduira tous les lecteurs.

Monde futuriste dans lequel la biotechnologie est omniprésente. L'empire napoléon est toujours en vigueur et s'étend sur une grande partie de l’Europe. L'héroïne est une espionne rebelle qui n'a pas froid aux yeux. Elle est belle, courageuse, intelligente et très douée avec la technologie. L'Empire va la recruter pour déjouer un complot contre l'Impératrice.
J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire au début. On ne comprend pas bien dans quel monde évolue les personnages. Au détour d'une page il est fait mention d'un dirigeable et on sait que l'empire est toujours en place mais à part ça j'ai pas trop senti d'ambiance steampunk. Je ne suis pas habituée du genre donc je n'ai peut-être pas su percevoir les détails mais j'ai eu l'impression de lire un livre de SF sans rien de particulier. On ne comprend pas très bien quelles sont exactement les technologies qu'ils utilisent ni quelle est exactement la situation politique. Je n'aime pas lorsqu'un auteur n'explique pas les bases de son monde. Je n'arrive pas à m’immerger dans ce cas.
Au bout d'un moment j'ai quand même été prise par l'action et j'avais envie de savoir le dénouement donc j'ai lu vite et avec plaisir mais ce n'est pas un livre qui restera dans ma mémoire.
Lecture sympa sans plus, à tenter si vous n'avez rien d'autre sous la main et que vous êtes adeptes du genre.


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dimanche 26 octobre 2014

"Peut-être la véritable musique est-elle liée au silence?"

Tous les matins du monde - Pascal Quignard

« Il poussa la porte qui donnait sur la balustrade et le jardin de derrière et il vit soudain l'ombre de sa femme morte qui se tenait à ses côtés. Ils marchèrent sur la pelouse. 
Il se prit de nouveau à pleurer doucement. Ils allèrent jusqu'à la barque. L'ombre de Madame de Sainte Colombe monta dans la barque blanche tandis qu'il en retenait le bord et la maintenait près de la rive. Elle avait retroussé sa robe pour poser le pied sur le plancher humide de la barque. Il se redressa. Les larmes glissaient sur ses joues. Il murmura : - Je ne sais comment dire : Douze ans ont passé mais les draps de notre lit ne sont pas encore froids. »

J'ai trouvé ce texte beau mais pas autant que ce que l'on m'avait promis. Ça se lit très facilement et c'est une histoire assez envoûtante. A la limite du fantastique. Mais je n'ai pas tout compris et j'ai du mal avec les livres dont on ne comprend pas le message. Peut-être n'ai-je pas compris toutes les subtilités parce que je ne suis pas musicienne. Je pense que si vous avez l'amour de la musique vous comprendrez mieux les sentiments des personnages principaux. En tout cas c'est une histoire tragique et plein d'émotions. Je pense qu'elle me restera longtemps en mémoire, notamment grâce à son originalité.


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"Les qualités de chef [...] consistent moins à prendre la meilleure décision qu'à prendre une décision."

Zombie Story, tome 1 : Zombie Island - David Wellington

A la suite d'une catastrophe mondiale les pays les plus développés sont envahis par des hordes de zombies cannibales. Seules quelques enclaves subsistent, en Somalie notamment. A la recherche d'un remède au virus, un groupe d'adolescentes surarmées, menées par un vétéran, se rend à New York. Tous se croient préparés au pire. Mais dans l'île de Manhattan en ruine, ils vont bientôt découvrir que la non-mort est loin d'être le destin le plus terrifiant...

Pleins d'idées très originales dans ce livre mais malheureusement l'auteur n'arrive pas à nous les faire avaler. Soit il arrête son raisonnement trop tôt soit c'est mal écrit. 
Les pays dans lesquels la population a l'habitude d'être armée (comme la Somalie) ont subsistés et c'est une bonne idée de départ je trouve. Je n'y avais jamais pensé mais ça semble logique que ces pays aient pu mieux se défendre face à une invasion. Mais l'auteur parle à peine de ce sujet et c'est dommage. Ensuite il y a un personnage qui a réussi à se transformer en zombie tout en gardant son cerveau intact (et donc son intellect) et ça aussi c'était génial! Mais malheureusement l'auteur détruit son personnage en le faisant prendre part à une intrigue complètement ridicule. Autour de ça rien de transcendant. Le livre reprend les clichés de tout livre du genre et il y a aussi beaucoup de passages où je ne comprenais pas vraiment ce qui se passait et c'est encore une fois à cause de la plume de l'auteur. J'ai quand même été assez intriguée pour avoir envie de lire la suite mais y avait du potentiel dans ce livre et c'est vraiment dommage que l'auteur l'ai gâché à ce point.


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mardi 16 septembre 2014

"La vie, c'est la vie, jusqu'au bout, pas vrai?"

Dieu me déteste - Hollis Seamon


New York, hôpital Hilltop. Richard Casey aura bientôt 18 ans. Comme tous les adolescents, il voudrait faire la fête, draguer, s’envoyer en l’air, tomber amoureux… La différence, c’est que Richard sait qu’il ne fêtera jamais ses 19 ans. Il est un peu plus pressé que les autres et, pour vivre fort, il lui faut déjouer les pièges de tous ceux qui préféreraient le voir vivre un peu plus longtemps. Heureusement, Richard a de la ressource, du courage et un solide sens de l’humour. Alors il va ruer dans les brancards. Et si Dieu le déteste, il est prêt à rendre coup pour coup.

Si vous avez aimé Nos étoiles contraires de John Green je pense que ce roman vous plaira. Cette fois-ci le narrateur est un garçon et le tout est moins romantique mais on retrouve l'humour et l'optimisme qu'avait Hazel. Ici, nous sommes dans un espèce de huis-clos, Richard est coincé à l’hôpital. Sous son regard les autres personnages ont tous quelque chose de loufoque : les infirmières, les visiteurs, les autres patients. On apprend à tous les connaitre et à les aimer (ou à les craindre pour certains mais je vous laisse découvrir...). Malgré la situation triste dans laquelle il est, Richard reste plein de vie et de passion. Il ne perd pas sa capacité à rêver. Et il arrive à se mettre dans des situations complètements folles et improbables. J'ai passé un très bon moment en lisant ce roman.
L'auteur est mère d'un adolescent qui a passé de nombreuses années à l’hôpital. Elle rend ici un magnifique hommage à tous ces jeunes qui se battent pour attraper chaque seconde d'une vie qu'ils savent à durée déterminée.


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"Maintenant je comprends que l'une des grandes raisons [...] de s'instruire, c'est d'apprendre que les choses auxquelles on a cru toute sa vie ne sont pas vraies, et que rien n'est ce qu'il parait être."

Des fleurs pour Algernon - Daniel Keyes


Algernon est une souris de laboratoire dont le traitement du Pr Nemur et du Dr Strauss vient de décupler l'intelligence. Enhardis par cette réussite, les deux savants tentent alors, avec l'assistance de la psychologue Alice Kinnian, d'appliquer leur découverte à Charlie Gordon, un simple d'esprit employé dans une boulangerie. C'est bientôt l'extraordinaire éveil de l'intelligence pour le jeune homme. Il découvre un monde dont il avait toujours été exclu, et l'amour qui naît entre Alice et lui achève de le métamorphoser. Mais un jour les facultés supérieures d'Algernon déclinent. Commence alors pour Charlie le drame atroce d'un homme qui, en pleine conscience, se sent retourner à l'état de bête...

Ce roman est sous forme de journal. Charlie nous fait des comptes rendus dans lesquels il explique ce qu'il ressent, ce qu'il apprend, ce qu'il pense. Cela nous permet de bien voir son évolution. Les premiers comptes rendus sont courts, très enfantins et bourrés de fautes d'orthographes. Le début en est même un peu laborieux à lire. Rapidement ces comptes rendus deviennent plus imposants, plus développés. Charlie nous parle alors de philosophie, de sciences,... Au fur et à mesure qu'il acquière de la connaissance il prend conscience de lui-même et du monde qui l'entoure. Il prend également cruellement conscience de la façon dont les gens le percevaient lorsqu'il était attardé. Il en apprend beaucoup sur lui, sur son passé. Mais personne ne peut le former aux interactions sociales. Les relations aux autres sont les seules choses qu'on ne peut apprendre dans les livres. Alors qu'il dépasse les savants l'ayant rendu intelligent et qu'il devient un génie il s'éloigne de tout ce qu'il connaissait et éloigne les gens qui l'entourent. Petit à petit il se rend compte que l'intelligence ne fait pas le bonheur. Et lorsqu'il prend conscience que ces facultés vont décliner il est incapable de savoir si son QI pourra le sauver.
Un livre magnifiquement écrit, très juste dans son analyse des sentiments. Un chef d'oeuvre.


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"Ça ne fait pas de mal, une guerre de temps en temps pour apprendre aux hommes ce que c'est que la souffrance."

Le bouc émissaire - Daphné Du Maurier


John, un historien anglais en vacances en France, rencontre au Mans par hasard son sosie parfait, Jean de Gué. Les deux hommes font connaissance : l'un est solitaire, sans famille, l'autre, épicurien désinvolte, se plaint de la sienne qui l'étouffe. Le lendemain matin, John se réveille, vêtu des affaires de Jean, qui a disparu. À la porte, le chauffeur l’attend pour le ramener au château. John prend alors la place de Jean…

J'avais découvert Daphné Du Maurier il y a quelques mois, avec la lecture de Rebecca. Déjà j'avais été séduite par l'ambiance de son roman et par sa plume. Ici, le grand mystère est de découvrir de quoi est faite la vie de Jean. Quelles sont ses relations avec ses proches, quelles sont ses habitudes? John est propulsé dans la vie d'un autre sans aucune indication. Il marche sans cesse sur le fil du rasoir et l'on attend de savoir à quel moment il fera l'erreur de trop. On retient son souffle en espérant qu'il s'en sortira et on sursaute avec lui à chaque découverte. Petit à petit on découvre la personnalité de celui qu'il remplace. Jean et John sont deux personnalités totalement différentes et cela ne sera pas sans conséquences. Mais je vous laisse découvrir ça par vous-mêmes. Moi je pars à la recherche du prochain livre de l'auteur que je vais dévorer. 


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"L'important, c'est l'instant, sa fragilité et son intensité."

L'arrière-saison - Philippe Besson


" Au commencement, il y a cette peinture d'Edward Hopper qu'on peut voir à Chicago. J'ai dû l'apercevoir à plusieurs reprises avant de m'en procurer une reproduction, un dimanche d'ennui. Un soir, sans intention particulière, j'ai observé la femme en robe rouge de la peinture, assise au comptoir d'un café nommé Phillies, entourée de trois hommes. Alors, ça s'est imposé à moi, sans que j'aie rien cherché. J'ai eu l'envie impérieuse de raconter l'histoire de cette femme et des trois hommes autour d'elle, et d'un café de Cape Cod. "

J'ai moi aussi une reproduction de ce tableau chez moi. Je n'avais jamais pensé imaginer l'histoire de ces personnages. Ce livre m'a donc beaucoup intriguée quand je l'ai vu. Il est bien écrit, d'une écriture simple et poétique qui nous emporte tout de suite dans l'ambiance désirée par l'auteur. Chaque personnage est intéressant. On s'attache à chacun d'entre eux. L'histoire imaginée par l'auteur est prenante. Ce roman est très court et on ne peut plus le lâcher une fois commencé. On se laisse emporter par les mots. Ce qui est certain c'est que je ne verrais jamais plus ce tableau de la même façon. Je penserai toujours aux états d'âmes de la femme en rouge, à l'intelligence du serveur et au retour de l'homme au chapeau.


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"Y a pas besoin d'avoir de la cervelle pour être un brave type."

Des souris et des hommes - John Steinbeck


George Milton et Lennie Small, deux amis, errent sur les routes de Californie. George protège et canalise Lennie, une âme d’enfant dans un corps de géant. Lennie est en effet un colosse tiraillé entre sa passion - caresser les choses douces – et sa force incontrôlable. Animés par le rêve de posséder leur propre exploitation, ils travaillent comme journaliers, de ranch en ranch. L’amitié qui les lie est pure et solide, mais ne suffit pas à les protéger de la maladresse de Lennie. Une maladresse presque poétique, qui les conduit à changer sans cesse de travail, et qui laisse poindre à l’horizon un drame sans égal.

Ce roman est très court, c'est presque une nouvelle. Et à vrai dire je n'ai pas grand chose à dire dessus. Il se lit bien. L'histoire d'amitié entre les deux hommes est touchante. L'ensemble est tragique et très triste mais reste tout de même beau grâce à l'innocence de Lennie et à la confiance sans limite qu'il porte à George; et grâce à l'amour inconditionnel que porte George à Lennie. J'aime cette période de l'histoire américaine mais le roman étant très court on apprend pas grand chose. On a pas vraiment le temps de s'immerger dans l'histoire. En bref, un classique facile et rapide à lire mais pas transcendant.


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lundi 15 septembre 2014

"[...]je rêvais d'un livre qui pourrait par sa beauté refaire le monde."

Le testament français - Andreï Makine


Charlotte, une femme d'origine française émigrée en Sibérie avec sa mère entre les deux guerres, raconte à son petit-fils le Paris et la France de son enfance, où elle a grandi. Peu à peu, celui-ci s'imprègne de culture française à travers la langue et les récits de sa grand-mère.

Ma mère m'a prêté ce livre. Sa mère à elle était Slovaque émigrée en France. Comme Charlotte, elle n'est jamais retournée dans son pays. C'était donc avec déjà beaucoup d'émotion que je me lançais dans la lecture de ce livre. Niveau émotion je n'ai pas été déçue. J'ai trouvé ce livre très beau. Le texte est poétique, l'auteur nous fait rêver avec lui. J'ai aimé voir son évolution. La façon dont il voyait sa grand-mère et ses histoires petit puis son changement de regard au fur et à mesure qu'il grandissait. L'amour qu'il porte à sa grand-mère est magnifique et m'a serré le cœur. J'ai trouvé intéressant de découvrir la France à travers le regard d'un étranger. Et j'ai aimé sa façon de décrire la Russie : "mon pays n'est pas parfait mais je l'aime" (je ne le cite pas, je résume ce que j'en ai retenu). J'ai par contre trouvé quelques longueurs au récit. Avec du recul ses états d'âmes adolescents sont intéressant à analyser et à retenir mais sur le coup je me suis parfois un peu ennuyée. Et les digressions philosophiques étaient parfois un peu compliquées.
Ce livre ne plaira pas à tous mais c'est un petit bijou très original que je retiendrai. 


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"Il y a des gens qui sont doués pour ça, pour dégoter la beauté partout où ils sont."

Le Confident - Hélène Grémillon


Au milieu des mots de condoléances qu’elle reçoit à la mort de sa mère, Camille découvre une étrange lettre envoyée par un expéditeur inconnu. Elle croit à une erreur mais, les semaines suivantes, une nouvelle lettre arrive, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend que cette correspondance recèle un terrible secret qui la concerne. Machination diabolique sur fond de Seconde Guerre mondiale, ce roman mêle récit historique et suspense psychologique dans un scénario implacable.

Roman magnifique qui se lit d'un souffle. Une fois ouvert il est impossible de le lâcher. L'écriture est fluide, l'histoire est prenante. On alterne entre des moments de la vie de Camille et le passé raconté à travers les lettres. Les deux sont intéressants. Même si j'ai eu une préférence pour le passé et ces mystères. Le tout est assez prévisible mais c'est tellement bien écrit que ce n'est pas grave. L'ensemble est triste. J'ai eu de la peine pour ces personnages, toutes ces vies gâchées par l'aigreur et la folie d'une seule femme. Je sais que je garderai longtemps l'empreinte de ce livre dans le cœur.


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dimanche 31 août 2014

"[...]les crapules ne méritent pas de respect puisqu'elles ne savent pas le transmettre."

Lumières de Pointe-Noire - Alain Mabanckou

Après 23 ans d'absence, l'auteur revient au Congo et entreprend le tour des lieux et des personnages de son enfance et adolescence. Il relate l'expérience complexe de revenir chez soi comme un étranger, malgré l'héritage culturel et spirituel transmis. N'ayant pu se rendre aux funérailles de sa mère en 1995, ce voyage prend également l'allure d'un travail de deuil.

J'avais découvert Alain Mabanckou avec la lecture de Verre Cassé. Petit bijou littéraire que je vous conseille. Depuis je mourrais d'envie de relire un ouvrage de lui. Je lis rarement des autobiographies. J'ai tendance à penser que les auteurs qui s'adonnent à ce genre ont un peu la grosse tête.. Je me suis donc lancée un peu sceptique dans cette lecture. Et j'ai vite retrouvé la plume que j'avais aimé. Alain Mabanckou parle de lui bien évidemment mais surtout il parle de son pays. J'ai été à plusieurs reprises en Afrique et à travers les mots de l'auteur je retrouvais des odeurs, des sensations, des impressions. Certaines réactions africaines vont paraître étrange à beaucoup de gens; leurs relations à l'argent par exemple, cette façon qu'ils ont de réclamer que l'auteur leur donne de l'argent comme si c'était un dû. Il faut savoir ne pas juger et accepter que la culture est différente. L'auteur ne nous cache rien. Tous ces petits travers il nous les montre au risque de nous choquer. Tiraillé entre sa culture occidentale et sa culture africaine il est perdu. Ces états d'âmes me font l'aimer encore plus. Ce texte est encore plein d'humour et d'esprit. Je sais que je lirai d'autres oeuvres de cette auteur. Si ce n'est celle là, je vous conseille vraiment d'en lire aussi.


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